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Troisième jour de manifestations contre les logements chers à Madrid après l'expulsion d'une retraitée
information fournie par Reuters 28/09/2026 à 12:23

Les manifestants ont entamé lundi leur troisième journée de campement devant le siège de l'administration de la Communauté de Madrid pour protester contre l'expulsion d'une octogénaire et réclamer une meilleure protection des locataires face à la pénurie de logements et à la flambée des loyers.

Ce mouvement de protestation a pris de l'ampleur la semaine dernière après que la police a expulsé sur une civière Maricarmen Abascal, 87 ans, de son logement madrilène qu'elle occupait depuis plus de sept décennies, en vertu d'un arrêté d’expulsion obtenu par le fonds d’investissement qui avait racheté son appartement.

Des centaines de personnes se sont rassemblées devant l'immeuble, ce qui a déclenché des heurts avec la police, tandis que le gouvernement socialiste a condamné l'administration régionale de centre-droit qui n'avait pas empêché l'expulsion.

Des manifestants ont dressé des tentes par centaines sur la Puerta del Sol, place historique au coeur de Madrid, pour dénoncer la crise du logement dans le pays. En 2011, la place avait été occupée par des manifestants protestant contre les mesures d'austérité décidées alors.

DES DIZAINES DE MILLIERS DE PERSONNES MANIFESTENT À MADRID

Samedi, quelque 30.000 personnes ont défilé dans les rues de Madrid pour dénoncer le sort réservé à Maricarmen et aux autres personnes chassées de leur logement par des fonds d’investissement.

Les manifestants agitaient des clés et brandissaient des banderoles portant des slogans tels que "Spéculateurs, rentrez chez vous" et "Un logement, c’est pour y vivre".

À la tombée de la nuit, sur la Puerta del Sol, où se trouve le bureau d’Isabel Diaz Ayuso, présidente de centre-droit de la région de Madrid, des dizaines de militants ont monté des tentes, et leur nombre n’a cessé d’augmenter depuis.

Blanca, une étudiante, a expliqué que les jeunes Espagnols avaient du mal à quitter le domicile parental.

"Non seulement les responsables politiques ne font rien, mais en plus ils aggravent la situation", a-t-elle déclaré. "Nous avons décidé de nous battre, alors espérons qu’ils nous entendront."

D'autres manifestations devaient avoir lieu lundi dans toute l'Espagne, selon le Syndicat des locataires, qui coordonne ces actions.

Un projet de décret-loi favorable aux locataires doit être présenté mardi en conseil des ministres. Le président du gouvernement, Pedro Sanchez, a dit son espoir dimanche que le texte soit approuvé par le Parlement dans les meilleurs délais.

Les loyers ont en moyenne doublé au cours de la dernière décennie, dépassant de loin la progression des salaires.

L’Espagne accuse un déficit de 750.000 logements, selon la banque centrale. Seuls environ 120.000 sont construits chaque année, soit un sixième du niveau d’avant la crise financière de 2008.

(Reportage de Guillermo Martinez et Susana Vera; rédigé par Aislinn Laing; Version française Matthieu Huchet, édité par Sophie Louet)

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